Fertilité & PMA : ces freins du quotidien qui peuvent freiner les chances de grossesse
Projet bébé ou PMA ? Alimentation, stress, perturbateurs endocriniens… Découvrez les freins invisibles qui peuvent influencer la fertilité.
Quand on parle de fertilité — et encore plus quand on est en parcours PMA — on entend souvent ce qu’il faut faire pour « booster ses chances » : mieux manger, se supplémenter, prendre soin de soi.
C’est important, évidemment.
Mais dans la vraie vie, ce sont souvent les freins silencieux du quotidien qui méritent d’être identifiés. Non pas pour culpabiliser, mais pour retirer ce qui gêne, ce qui brouille le message hormonal, ce qui fatigue inutilement le corps.
Ici, tu ne trouveras pas de liste anxiogène ni de perfection attendue. Juste un éclairage clair, pragmatique et réaliste sur ce qui peut freiner la fertilité, et surtout comment on peut ajuster, à son rythme.
Une alimentation ultra-transformée : le frein souvent sous-estimé
On peut manger à sa faim… et nourrir très peu son corps et son système hormonal.
Les produits ultra-transformés — même ceux qui sont étiquetés “healthy” — peuvent :
entretenir une inflammation de bas grade
favoriser les pics de glycémie
appauvrir l’apport en micronutriments essentiels (zinc, magnésium, vitamines B, antioxydants)
déséquilibrer le microbiote
perturber la communication hormonale
En fertilité et en PMA, ce terrain déréglé et inflammatoire peut impacter la qualité ovocytaire (et des spermato, monsieur aussi doit faire attention), la maturation folliculaire et même l’implantation.
Donc on fait quoi ? Essayer d’atteindre l’alimentation parfaite est une charge mentale vaine (et impossible à atteindre, soyons franches), donc commence par surveiller en particulier :
plats industriels et produits prêts à consommer
céréales sucrées, barres “énergie”, biscuits du quotidien
Pain blanc (donc oui la baguette n’est pas très bonne pour la santé)et les produits à base de farine raffinée (pâtes classiques, riz blanc, etc).
huiles raffinées (tournesol, maïs, colza industriel)
Objectif : moins transformer, plus nourrir. Sans obsession. Tu peux retrouver ICI mon article sur la nutrition pour la fertilité.
Les montagnes russes de la glycémie
Les pics de glycémie répétés sont un vrai frein hormonal.
Ils peuvent favoriser :
une résistance à l’insuline
des déséquilibres œstrogènes / progestérone
des cycles irréguliers
une ovulation de moins bonne qualité
un terrain inflammatoire
Les facteurs aggravants courants sont :
le petit-déjeuner sucré
le café à jeun (surtout en période de stress)
du grignotage fréquent
les produits ultra-transformés (voir paragraphe précédent).
Stabiliser la glycémie, c’est déjà soutenir la fertilité et la santé sur le long terme.
Les perturbateurs endocriniens : les saboteurs invisibles
Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques qui imitent ou bloquent nos hormones naturelles. Certains sont « naturels » comme le stress ou le manque de sommeil, viennent de plantes que nous mangeons ou consommons (donc attention à la supplémentation sans le conseil d’un pro). Mais les plus problématiques viennent de l’industrie chimique et ils sont malheureusement partout. On en entend de plus en plus parler, mais l’info reste floue.
Ils peuvent :
perturber l’ovulation
brouiller le système hormonal
impacter la réserve ovarienne
interférer avec l’implantation embryonnaire
et on soupçonne leur part de responsabilité dans les maladies comme l’endométriose ou le SOPK.
On les retrouve notamment dans :
les plastiques alimentaires : « tupperware » en plastique, bouteilles ou gourdes d’eau en plastique, film alimentaire, contenants de plats à emporter ou prêts à réchauffer. Leur impact serait plus important s’il est chauffé et encore plus en contact avec des aliments contenant du gras. Typiquement, un plat un peu gras à faire réchauffer au micro-onde au bureau ce n’est pas ton choix le plus healthy !
certains cosmétiques et produits d’hygiène : fait le tri dans ta salle de bain à l’aide d’applications comme Yuka, INCI beauty et passe tout en revue : priorité à ton déodorant, ton rouge à lèvres (tu vas en avaler une bonne partie) et tout ce que tu laisses sur la peau tout la journée. Donc typiquement les crèmes, le maquillage etc.
les pesticides : un seul choix, l’agriculture biologique. Si tu trouves que c’est peu accessible pour ton porte-monnaie, privilégie les produits qui contiennent du gras (beurre, les œufs, la viande grasse, l’huile, les noix etc) et les fruits et légumes que tu ne pèles pas.
les tickets de caisse : évite de les demander, porte des gants ou lave toi bien les mains après avoir fait les courses.
Bonne nouvelle : chaque petit pas compte. Changer tout n’est ni réaliste ni nécessaire. Un article dédié à ce sujet est à venir.
Le stress chronique
Le corps choisit toujours la survie avant la reproduction, et cela même quand on a l’impression de bien gérer.
Un stress chronique — physique, émotionnel ou mental — qui s’installe maintient un taux de cortisol élevé, ce qui peut :
freiner l’ovulation
déséquilibrer la phase lutéale
perturber l’implantation
Mais soyons honnête, c’est la pire injonction que l’on puisse donner à une femme qui désire un enfant, et encore plus si elle est en parcours PMA. C’est très compliqué de gérer le stress et encore plus lorsque l’on fait face à des difficultés de fertilité. Alors l’enjeu n’est pas de “supprimer le stress” (mission impossible), mais de redonner au corps des signaux de sécurité. On va plutôt parler de mieux réguler son système nerveux. Et pour cela, chacune sa méthode et cela fait partie des choses que l’on peut explorer en consultation.
Une chose est sûre, ça ne vient pas du jour au lendemain, et cela va passer obligatoirement par un ralentissement. Être tout le temps à 1000 km à l’heure donne le signal au système nerveux qu’on cherche à échapper à quelque chose. Des moments de pause, de ralentissement vont lui donner le signal que l’on est en sécurité. Que ce soit des moments de sport doux qui nous reconnectent avec notre corps, manger doucement, marcher sans presser le pas, prendre le temps de respirer… toutes ces stratégies sont bonnes. Trouve celle qui te convient !
Le manque de sommeil
Le sommeil est un régulateur hormonal majeur. Un sommeil insuffisant ou irrégulier peut jouer le rôle de perturbateur. Il peut notamment:
perturber la sécrétion de LH et FSH
augmenter l’inflammation et dérégler le système immunitaire (qui entre en jeux dans la fertilité)
aggraver les déséquilibres glycémiques
En fertilité, la régularité est souvent plus importante que la durée parfaite.
Café, alcool et stimulants : une question de dose et de timing
Si vous me connaissez un peu, vous savez que je n’aime pas les grandes généralités et je déteste diaboliser. Mais la question du café et des autres excitants revient tellement souvent que je me dois d’en parler.
Encore une fois, la consommation de ces produits n’a pas le même effet sur tous les corps. Mais si tu souhaites concevoir un enfant, il est intéressant de revoir ta consommation notamment d’alcool et de café:
Le café peut stimuler excessivement le cortisol
L’alcool a un effet toxique sur l’ovocyte, même à faible dose (et bien sûr très important sur les spermatozoïdes aussi)
Ce n’est pas une question d’interdit, mais d’arbitrage, surtout en période de stimulation ou de transfert qui est une période courte. De plus, ce sont des produits qu’il faut absolument éviter pour l’alcool et si possible pour le café donc autant s’entrainer maintenant.
Le sport trop intense ou mal adapté
Le mouvement est bénéfique et fait partie des piliers d’une bonne santé hormonale et générale. Mais encore une fois, la dose et les temps de récupération sont importants. S’il crée un déficit calorique ou trop de pression sur un corps déjà stressé et fatigué, alors le sport va travailler contre nous.
Un sport trop intense peut :
bloquer l’ovulation
diminuer la progestérone
épuiser les réserves
En période de projet bébé, on cherche le soutien, pas la performance. On peut faire un peu de cardio mais on ne se prépare pas à un marathon (même un ½ marathon), chaque projet en son temps. Par contre beaucoup de marche pas de problème. Un peu de yoga ou de Pilates; on peut même s’inscrire à un cours de yoga de la fertilité.
Et tout ce qui te met en joie, sans t’épuiser. Les temps de récupération seront d’autant plus importants pendant cette période de ta vie.
Enlever des freins plutôt que chercher la perfection
Ce n’est pas parce que tu fais tout “bien” que ça marche. Et ce n’est pas parce que tu ne fais pas tout parfaitement que ça ne marchera pas.
En PMA, je trouve bien plus juste de parler de freins à lever que de recettes miracles (spoiler alert, ça n’existe pas).
Quand le terrain est moins inflammatoire, mieux nourri et moins stressé, le corps devient plus coopérant, même avec la médecine qui prend le relais.
FAQ
Est-ce que l’alimentation peut vraiment influencer la fertilité ?
Oui. L’alimentation agit sur l’inflammation, la glycémie et les hormones, trois piliers essentiels de la fertilité féminine, notamment en PMA. Si tu veux en savoir plus, tu peux lire mon article sur la nutrition et la fertilité : lien.
Le stress peut-il bloquer une grossesse ?
C’est trop réducteur de parler de bloquer une grossesse. Et sans doute faux, mais un stress chronique peut en effet perturber l’ovulation et l’implantation. L’objectif n’est pas de supprimer le stress, mais d’aider le corps à se sentir en sécurité.
Faut-il supprimer totalement le café et l’alcool en PMA ?
Il ne s’agit pas d’interdits stricts, mais de dose et de timing, surtout autour des phases clés du cycle ou des protocoles PMA.
Les perturbateurs endocriniens ont-ils vraiment un impact sur la fertilité ?
Oui, certaines substances peuvent imiter ou bloquer nos hormones. Réduire l’exposition progressivement peut soutenir le terrain hormonal.

